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Danser un tango

mains

Danser un tango, c’est plus que faire des pas ou des figures.

C'est d'abord un ensemble de codes subtils, qu'il faut savoir gérer et découvrir, puis apprécier...

 

D'abord, en Argentine, l'homme invite la femme avec le « cabeceo », signe de tête ou regard discret qui permet à l'homme et à la femme, seuls, de savoir qui dit non ou qui dit oui. La femme qui refuse détournera la tête et le tanguero éconduit saura seul que l'invitation est déclinée, ce qui lui permettra de ne pas perdre la face, ceci constituant un spectacle rare et inoubliable pour l'aficionado européen de passage à Buenos Aires.

 

C’est un contrepoint d’expérience et de créativité, d’équilibre et de sensualité, de communication complice dans une séduction suggérée, une rencontre commençant dans le regard et se poursuivant dans l'« abrazo » (enlacement).

Et c’est à partir de cet enlacement étroit que s’installe, sans échanger un seul mot, la réciproque intention de se livrer. Enserrant le buste de la femme, le bras droit de l’homme établit la distance et le mode de contact entre les deux corps qui commencent à se découvrir, à échanger, à mutuellement s’adapter, cherchant à se compléter, à s’ajuster, à se fondre en un seul : c'est l'« abrazo » ou étreinte.

Ensuite on attend 10-15 secondes, le temps (comme dit le milonguero) que la musique passe de l'oreille à la tête, puis gagne le coeur. Alors la musique se transmet aux pieds et la danse peut commencer.

Le couple danse en partageant les espaces, les pleins et les vides, écoutant le corps de l’autre, captant son émotion, son anxiété, sa surprise. Les partenaires ne se regardent presque pas et ne se parlent pas. S’ils le font c’est que le langage des corps a échoué.

Dialogue secret de questions et de réponses, parfois demande, parfois esquive, parfois exigence ou réserve, pudeur ou crainte.

Ils ne font qu’un, corps et âmes.

D’aucuns disent que pour danser un tango il faut être deux : pourtant deux ne suffisent pas. Dans cette communion, l’homme et la femme dansent accompagnés par la musique, attentifs au rythme et à la mélodie, et ce sont leurs sentiments qui la transforment en mouvement.

Ils dansent avec l’autre et pour l’autre. Ils dansent avec les autres couples dont ils partagent l’énergie. Ils dansent avec le sol qui leur transmet les vibrations des autres danseurs ; ils lui rendent en caresses l’appui qu’il leur donne.

Dans cet équilibre subtil des relations, aucun ne doit dominer. L’égoïste qui danse seul prive son partenaire de cette union tant désirée. Le couple qui s’isole le reste, se privant ainsi de recevoir le feu sacré des autres couples, tout comme il se refuse à apporter sa propre ardeur à la danse partagée. Ceux qui, seulement, s’exhibent trahissent leur intimité.

Mais quand tous ces élements sont réunis de manière égale, la communion est parfaite.

Mystère des corps en harmonie, magie du tango qui les mène à l’extase, émotion intense et totale, du corps et de l’âme. Ils aimeraient que ce tango dure toujours et que rien ne vienne interrompre l’enchantement.

Lorsque s’éteint la dernière note, ils restent enlacés pour quelques instants de plus.

Et quand l’expérience a dépassé l’habituel, les paroles sont inutiles. Ils se regardent presque avec pudeur, voire ne se regardent pas, ébranlés, presque effrayés, devant une telle émotion.

source : Wikipédia, l'encyclopédie libre

Cet article est sous licence GNU Free Documentation Licence. Il est extrait de l'article Tango de Wikipedia.

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