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L'invitation du regard à la Milonga

Depuis mon premier voyage à B.A., je défends ardemment l'invitation du regard et l'utilisation des cortinas. Bien que connaissant l'existence de l'us, j'ai pu, après quelques appréhensions, le tester et en comprendre le grand intérêt.

Personnellement, aller inviter à sa table une tanguera qui se « fiche éperdument » de partager viscéralement la danse avec moi, cela ne m'intéresse absolument pas. Je préfère partager un bon moment avec une danseuse moyenne, mais séduisante, ayant une envie réciproque (le regard intense) de jouer sur une série de tangos, plutôt que faire un tour de piste avec une danseuse aguerrie, mais sans émotion, « invitée forcée » par une tape sur l'épaule et son « tu danses? » attaché. Par l'invitation du regard, les femmes choisissent autant que les hommes : En détournant le regard élégamment, on peu imaginer que la personne ne vous a pas encore remarqué, ou bien n'est éventuellement pas disposé(e) à danser avec vous à cet instant, pour cette tanda, ce soir là,.etc. ou aimerait tout simplement plutôt danser avec une autre personne.

Technique :

Avec un peu d'expérience je vous garantis, qu'une invitation à 20 mètres est parfaitement réalisable dans une salle suffisamment éclairée.

En début de tanda, juste près la cortina, ne perdez pas de temps à vérifier l'état de vos chaussures, la décoration du plafond ou entamer la super discussion avec votre voisin(e) vous aurez suffisamment de temps si personne ne vous a sollicité(e) ou intéressé(e).

C'est plutôt le moment de chercher du regard la personne qui serait éventuellement sensible à une invitation réciproque.

En fonction de la musique du moment, il y a forcément une personne qui vous inspire plus. Si vous avez déjà dansé ensemble et qu'il y a eu du plaisir réciproque sur ce style musical, il ou elle est sûrement en train de chercher votre regard. (Nota : Le fait de regarder quelqu'un dans les yeux ne vous engage pas au delà de vos limites !)

Mesdames, acquiescez du regard et attendez que le cavalier vienne jusqu'à votre table, il ne dois pas quitter votre regard, et vous pourrez alors vous lever, à coup sur, devant lui.

A l'issue de la série, pendant la cortina, les plus galants vous raccompagneront jusqu'à votre table et vous remercieront. Pour ceux venus en couple, remercier également le conjoint permet de modérer la jalousie parfois ressentie.

Si vous n'êtes pas certain de vous accorder avec une partenaire, le fait d'avoir des tandas régulières vous autorise un essai sur le (ou les) dernier(s) tango(s), quitte à renouveler l'invitation plus tard, pour une série complète, si finalement le bonheur est au rendez-vous.

Philippe Gonella - Nice - 7 mars 2005

Remarques :

Même si le Tango est une danse « sociale », c'est avant tout une danse de séduction, et tout le monde ne peut plaire à tout le monde. C'est comme dans la vie, il y a des sentiments de sympathie et d'antipathie, les uns envers les autres (les deux sont d'ailleurs évolutifs).

Le fait de venir à un bal n'est pas un « droit à danser », faire un effort pour éveiller un intérêt auprès des personnes du sexe opposé, c'est le premier pas pour inviter et pour être invité(e).

Lorsque l'on vient en couple à la milonga, on peut très bien « se partager », ou bien passer la soirée ensemble, amoureusement, et dans les deux cas ce n'est pas critiquable.

Lorsque l'usage de ce type d'invitations sera devenu courant, je vous expliquerai les petites magouilles utilisées par les vieux « squales » de la Milonga pour faire le forcing auprès des personnes qu'ils ou elles désirent courtiser. A suivre ...

PASIONARIA PHOTO 2017